Soutenabilité & Affaires (Partie I): De quoi s’agit-il et où en sommes-nous aujourd’hui?

Cet article est le premier d’une série de trois articles écrit par notre Expert Développement Durable et Soutenabilité, Miguel Santos. Ils porteront sur le commerce durable, soutenable et responsable. Nous verrons comment il permet de diriger les efforts de tous les secteurs économiques vers une meilleure performance mondiale en matière de préservation de l’environnement.

Dans cette première partie, nous introduisons les concepts de soutenabilité et d’interconnectivité au niveau mondial. Nous explorons également le potentiel de soutenabilité du secteur privé et les possibilités qui s’offre aux entreprises.

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Qu’est-ce-que la soutenabilité ?

Durable. Nous entendons souvent ce mot en politique, dans les médias ou au cours de discussions sur l’économie et l’environnement. Mais que signifie-t-il exactement ?

N.B : cet article est une traduction d’un article originellement rédigé en anglais. Nous introduisons ici la différence de sens entre l’anglais et le français. En français, nous avons pour habitude de dire “développement durable” alors que “développement soutenable” serait une traduction plus exacte du concept développé en anglais par “sustainability”. Nous traduisons ici “sustainability” par “soutenabilité” pour des nécessités de cohérence. Nous ne voulons pas que les affaires “durent” éternellement sans regarder les conséquences, mais plutôt qu’elles se développent de façon durable en répondant aux besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.

Le développement durable est devenu un mot intersectionnel populaire, il est dilué et remodelé à diverses fins, et il nous semblait important de fournir une définition sur laquelle les articles écrits seront fondés. Tout au long de cet article, le développement durable sera qualifié par “soutenabilité” et défini comme suit:

 

“ Répondre aux besoins en matières de ressources, de services et de culture des générations actuelles et futures sans compromettre la santé des écosystèmes qui les fournissent, ni diminuer la diversité biologique globale”

Morelli, 2011.

 

Durant les dernières années, le capitalisme englobant l’immense majorité du système économique mondial a eu un impact sur les entreprises, qui se sont isolées des préoccupations de soutenabilité sociale et environnementale. C’est notamment le résultat de:

  • un manque général de compréhension de l’importance d’une gestion responsable des ressources environnementales et sociales
  • un système capitaliste qui rendait peu attrayant l’idée pour une entreprise de s’étendre latéralement pour répondre à des préoccupations qui ne seraient pas économiques

Ce n’est que récemment que les barrières idéologiques, économiques et organisationnelles entre les entreprises et le développement durable ont commencé à se dissiper. Ce phénomène a permis de soutenir l’intégration des entreprises durables dans les économies du monde entier. Au vu de l’objectif de cet article, les entreprise durables peuvent être définies comme des entreprises dont la priorité n’est pas seulement la réussite économique, mais également leur responsabilité sociétale et environnementale. Le moment pour cette évolution du monde des affaires ne pourrait pas être mieux choisi!

L’état actuel du monde ressemble à une masse alambiquée et en constante évolution d’interactions économiques, sociales et environnementales – positives et négatives. Ce n’est pas une situation récente. Cependant, l’ampleur, la complexité et le caractère extrême des impacts de ces interactions mal gérées l’est. Ceci est en grande partie le résultat de:

  • l’accroissement de la population humaine
  • notre empiétement continu sur les zones naturelles et désertes
  • l’expansion et la rétroactivité des interactions entre le système humain et la nature, comme le changement climatique par exemple

Alors que les gouvernements, les organismes civils et les entreprises poursuivent leurs efforts pour tirer parti de la mondialisation économique (ou la contrôler), leur capacité à relever de nouveaux défis économiques, sociaux et environnementaux dépendra de leur capacité à comprendre collectivement l’interconnectivité des systèmes mondiaux et appliquer largement des solutions équitables.

Voici notre opinion; les entreprises sont les mieux positionnées pour mener les efforts mondiaux vers une plus grande durabilité et soutenabilité sociale et environnementale. Ce sont les acteurs majeurs et indispensables à une transformation en profondeur de la société.

 

L’interconnectivité des systèmes globaux

Afin de comprendre et de résoudre les problèmes de soutenabilité, il faut penser de façon transversale, et considérer les problèmes et les solutions comme des réseaux de composantes interconnectés. Chaque action entraîne une réaction, et chaque système existe en équilibre avec les autres. C’est tout simplement le fonctionnement de notre planète et de la Nature.

Mais alors, pourquoi est-ce important de prendre cela en considération quand on parle de soutenabilité, de développement durable, et d’affaires ? Eh bien c’est important parce que les entreprises ne fonctionnent pas seules, dans le vide. Le temps où les composants globaux pouvaient être analysés en silos séparés est révolu depuis longtemps. Qu’on le veuille ou non, les entreprises ne sont que des morceaux d’un grand puzzle dépendant de nombreuses autres composantes. Mais elles ont un rôle déterminant à jouer.

L’interdépendance des systèmes naturels et anthropiques (c’est-à-dire fabriqués par l’Homme) de notre planète signifie que pour chaque problème engendré, une multitude de réactions accidentelles se produisent et génèrent des complexités supplémentaires.

C’est important à souligner parce que ce phénomène d’interdépendance met en avant le niveau nécessaire de collaboration requis pour éviter les impacts négatifs, notamment sur les marginalisés. C’est également important de souligner le rôle et l’importance de l’interdépendance des systèmes naturels et anthropiques parce que les solutions doivent être conçues et mises en oeuvre en tenant compte des liens et de la temporalité (c’est à dire des échelles de temps réalistes).

L’exemple le plus médiatisé d’un système mondial interconnecté est le changement climatique. Une fois qu’on a découvert (et reconnu) que les gaz à effet de serre relâchés dans l’atmosphère entraînaient des changements climatiques, nous avons été confrontés à la réalités de certaines préoccupations à grande échelle: élévation du niveau de la mer, désertification, dégradation de la qualité de l’air, sécheresse, réchauffement des températures océaniques, changement des courants océaniques, augmentation de l’acidité des océans, fonte des glaciers… Et bien plus encore!

Ces problèmes induits par le climat ont produit une multitude d’effets “en aval”, notamment la perte de terres, une menace pour la sécurité alimentaire et hybride, la perte de biodiversité, la modification des systèmes hydrologiques, la diminution de l’albédo polaire et l’augmentation des catastrophes naturelles. La bonne compréhension des liens scientifiques entre ces phénomènes font du changement climatique une grande étude de cas concret permettant de comprendre l’interconnectivité et l’échelle à laquelle elle agit.

Attirer l’attention sur le changement climatique est important pour une autre raison. Il a fourni au monde un aperçu de notre capacité à mobiliser les secteurs et les nations pour relever ensemble les défis mondiaux. Bien que beaucoup soutiennent que nos réactions jusqu’ici ont laissé à désirer, certains optimistes et nous-mêmes croyons que, pour ce qui est en jeu, le monde s’est quand même positionné d’une manière fournissant encore des voies viables pour éviter des catastrophes environnementales et sociétales.

 

La chose la plus fascinante à ce sujet ?

Le secteur privé, par rapport à son influence socio-économique, a été extrêmement limité au regard de son impact global sur la façon dont le monde a réagi pour répondre aux préoccupations de durabilité et soutenabilité socio-environnementale. Tout comme la participation du secteur privé continue de croître en appuis aux efforts et initiatives de développement durable existants, notre capacité d’adaptation mondiale et notre capacité à éviter les catastrophes socio-environnementales s’améliorent considérablement. Les questions sont alors de savoir comment la participation des entreprises pourraient être guidées, comment elle pourrait rester équitables, et qui doivent être les leaders?

 

Le secteur privé, l’imprévu nouveau champion du développement durable et de la soutenabilité ?

Nouveau? Espérons. Imprévu? Cela dépend à qui vous posez la question.

Alors que les institutions scientifiques, les organisations non gouvernementales (ONG) et certains Etats ont jusqu’ici fait des efforts pour soutenir et mettre en oeuvre des initiatives durables de soutenabilité, aucun n’est aussi bien positionné que le secteur privé pour combler les lacunes en matière de leadership et de mise en oeuvre requis pour une performance globale en matière de durabilité. Alors que certaines inquiétudes et complexités accompagnent l’implication accrue des entreprises dans la soutenabilité mondiale, l’ampleur potentielle des impacts financiers, sociétaux et environnementaux résultant d’un leadership accru des entreprises est stupéfiante.

A quoi ressemble cette quête de soutenabilité en affaires? Vous allez devoir lire la partie II de la saga Soutenabilité & Affaires de notre rockstar du Développement Durable pour le savoir!

Merci d’avoir lu cet article.

Ouvrages cités

  • Morelli, John. (2011). Durabilité environnementale: Une définition pour les professionnels de l’environnement.
  • Journal of Environmental Sustainability, 1 (1).

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Sienna Zampino

Graduated in arts, Sienna is convinced of the power of words. She creates, imagines and writes articles to promote more responsible business practices.